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dimanche 22 janvier 2023

L'état des marchés durables 2022

Publié pour la première fois en 2015, ce rapport sur l’état des marchés durables est désormais mis à jour chaque année. L’International Trade Centre s'est une nouvelle fois associé à l'Institut de recherche en agriculture biologique (Fibl) et à l'Institut international du développement durable (IISD) pour fournir des données sur les 14 principaux standards de durabilité applicables aux bananes, au cacao, au café, au coton, aux produits forestiers, au palmier à huile, au soja, à la canne à sucre et au thé.

Le rapport présente des données commerciales et statistiques sur ces secteurs ainsi que des tableaux d'aperçu sur les produits et les standards suivants : 4C Services (4C), Better Cotton, Bonsucro, Cotton made in Africa (CmiA), Fairtrade International (Fairtrade), Forest Stewardship Council (FSC), GLOBALG.A.P., IFOAM - Organics International (bio), le Programme de reconnaissance des certifications forestières (PEFC), la Fondation ProTerra (ProTerra), Rainforest Alliance (Rainforest), la Table ronde sur l'huile de palme durable (RSPO), la Table ronde sur le soja responsable (RTRS) et UTZ.

Les données de la dernière enquête (données 2020) montrent que l’agriculture et la sylviculture certifiées continuent de croître, en phase avec l'expansion de la population mondiale et l’augmentation de la demande de produits durables. La part croissante de la superficie totale et du volume de production couverts par des standards volontaires de durabilité (VSS) suggère qu'il existe un potentiel important de croissance supplémentaire.

Téléchargez le rapport (en anglais)


 




lundi 12 décembre 2022

Baromètre cacao 2022

Le Baromètre du cacao 2022 a été ce 7 décembre par le Consortium du Baromètre du cacao, 

Rédigé par Antonie Fountain et Friedel Huetz-Adams, "le Baromètre du cacao 2022 donne un aperçu de l'évolution actuelle de la durabilité dans le secteur du cacao et met en évidence les questions critiques qui ne reçoivent pas suffisamment d'attention à l'heure actuelle, en abordant un large éventail de questions sociales, économiques et environnementales."

Les conclusions sont notamment les suivantes : "Le revenu vital (de subsistance) est un droit humain, et une condition préalable nécessaire pour que tous les autres défis du secteur du cacao soient correctement abordés. Et bien qu'il soit devenu un objectif accepté pour le secteur du cacao, on constate un manque d'engagements concrets et limités dans le temps en faveur du revenu vital, que ce soit de la part des entreprises, des gouvernements ou des initiatives sectorielles. Le revenu vital doit devenir obligatoire, et donc être inscrit dans les législation sur le devoir de vigilance en cours d'élaboration.

(...) Dans tout cela, on parle très peu du modèle économique de l'industrie, y compris de la manière dont elle fixe les prix qu'elle paie. En conséquence, la plupart des agriculteurs ne gagnent toujours pas leur vie, et aucun groupe de parties prenantes ne fait actuellement ce qu'il devrait faire pour s'assurer que les agriculteurs obtiennent un revenu décent.

(...)

Pour que le revenu de subsistance devienne une réalité pour les cultivateurs de cacao, il faut agir simultanément sur trois dimensions distinctes : les bonnes pratiques agricoles, les politiques de bonne gouvernance et les bonnes pratiques d'achat. Tout effort de la part d'une entreprise ou d'un gouvernement qui ne progresse pas de manière significative sur les trois dimensions en même temps ne sera pas une réponse adéquate au défi. Les trois dimensions n'ont cependant pas le même statut. Les bonnes pratiques agricoles ne sont une stratégie valable que si le cacao est suffisamment rémunérateur. Ce n'est que lorsque les responsabilités des entreprises et des gouvernements sont correctement assumées qu'il devient équitable de demander aux agriculteurs d'investir des efforts et de l'argent pour améliorer leur productivité. C'est aux entreprises et aux gouvernements du secteur du cacao qu'il incombe de faire les premiers pas."

Le baromètre du cacao peut être téléchargé en anglais sur le site cocoabarometer.org. Le résumé est disponible en anglais, français et espagnol.

#cocoa, #livingincome, #sustainableliving #cocoaproduction #chocolate #cacao #chocolat #revenu #BeyondChocolate #childslavery #durabilité, #CommerceEquitable #FairTrade #ODD, #sustainability.

vendredi 28 janvier 2022

Journées nationales du commerce équitable en Côte d'Ivoire

Ces 20 et 21 janvier, j'ai eu le plaisir de participer aux journées nationales du commerce équitable en Côte d'Ivoire.
Ces journées ont été organisées par le RICE-Réseau Ivoirien du Commerce Equitable sous le patronage de Jean-Luc ASSI, Ministre de l'environnement et du Développement Durable (photo).

Plusieurs coachs du Trade for Development Centre d'Enabel étaient présents : Fabrice Behibro, Djakaridja BITIE et Dominique Derom.

Différents ateliers ont permis d'échanger avec les nombreuses coopératives membres du RICE sur les sujets suivants : sociétés coopératives et attentes des membres, défis environnementaux et revenu des producteurs, contribution des femmes au développement durable en milieu rural et le prix du cacao bio.

Le Trade for Development Centre d'Enabel, qui a soutenu financièrement l'évènement, a présenté son approche spécifique du coaching en marketing et gestion d'entreprise dans un atelier consacré aux innovations.

Outre en Côte d'Ivoire, le TDC a récemment soutenu des journées ou des semaines du commerce équitable au Ghana, au Burkina Faso ou encore au Mali.

Félicitation à et l'équipe du RICE pour l'organisation de ces JNCE - 2022 très réussies. 

 

dimanche 28 novembre 2021

Le dessous des cartes. Cacao : à qui profite le chocolat ?

Le reportage d'Arte résume en 12 minutes l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur la production et la commercialisation du cacao, dans le cadre d'une "économie globalisée qui rapporte plus au Nord qu'au Sud et qui se fait aux dépens de l'environnement."
Il retrace les origines et l'histoire de la culture du cacao et de son expansion dans les anciennes colonies par défrichage de forêts primaires. La production passe de 20.000  tonnes en 1850 à 5,6 millions de tonnes en 2019.

Un focus sur la Côte d'Ivoire signale que le cacao procure des revenus à environ 20% de la population ivoirienne et représente 14% du PIB, ainsi que 40 des exportations. L'explosion des surfaces consacrées au cacao entre 2013 et 2019 y a entraîné une déforestation rapide, au risque pour le pays de perdre son symbole, l'éléphant, suite à l'effondrement consécutif de la faune et de la flore.

L'émission met en évidence le commerce asymétrique du cacao entre "petits producteurs et grandes multinationales qui contrôlent l'essentiel de la chaîne de création de valeur". Sur le prix d'une tablette de chocolat, seuls 7% reviennent aux cacaoculteurs.

Du côté des consommateurs, les Allemands remportent la palme, avec 11 kg par an et par personne, suivi par les Suisses et leurs 10,3 kg. 
Même si la consommation par habitant reste faible en Chine et en Inde (200 g par an et par personne), c'est en Asie que les taux de croissance sont les plus impressionnants, avec 30% de chocolat consommés en plus en Inde en 2020 par rapport à 2016. Le chocolat y fait fureur auprès des classes moyennes urbaines.

Toutefois les rendements stagnent et de nombreux producteurs se tournent vers des cultures plus rentables pour eux. Pour permettre un meilleur revenu aux producteurs, la Côte d'Ivoire et le Ghana se sont mis d'accord en 2020 pour tenter d'imposer une prime de 400 dollars la tonne (le différentiel de revenu décent) en plus du prix mondial.  Mais c'est loin d'être chose aisée, les multinationales cherchant la parade comme le montre cet article. Et Emilie Aubry de souligner que "le cacao est un cas d'école de matières premières mondialisées qui profitent moins au continent producteur, l'Afrique, qu'aux régions consommatrices."
Comme dans d'autres secteurs sur le continent, un autre pays entre dans la danse, la Chine, avec des projets d'usines de transformation au Ghana et en Côte d'Ivoire. La position ultra dominante des pays occidentaux pourrait être remise en cause.

samedi 27 mars 2021

Côte d’Ivoire et industriels du cacao : le bras de fer continue

Malgré une entente avec le Ghana sur un prix plus rémunérateur pour les planteurs, la Côte d’Ivoire n’arrive pas à maintenir le prix de son cacao. La pandémie et une demande atone n’aident pas, mais les industriels sont également à la manœuvre. 

Mettant de côté leur concurrence habituelle, le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui représentent deux tiers de la production mondiale, se sont mis d’accord en 2019 pour peser sur les prix et percevoir plus que les 6 à 8% du business du cacao revenant habituellement aux pays producteurs. Les deux initiateurs de ce que d’aucuns appellent l’Opep du cacao ont ainsi créé le DRD, le « différentiel de revenu décent », destiné à mieux rémunérer les planteurs. Il s’agit d’un montant de 400 dollars (328,70 euros) la tonne venant s’ajouter au cours de Londres, que les industriels s’étaient engagés à verser à partir de la campagne de production 2020/2021.

Mais en coulisses, certaines grandes entreprises étaient très tôt à la manœuvre pour ne pas payer ce différentiel. C’est l’américain Hershey, propriétaire des marques Reese’s et Rolo, qui a mis le feu aux poudres. Pour ses approvisionnements de décembre 2020, Hershey avait acheté plus de 250 000 tonnes de fèves sur l’InterContinental Exchange (ICE) de la Bourse de New York et non pas, comme à l’accoutumée, auprès des pays producteurs ou de négociants. Cette manœuvre lui permettait d’éviter de payer le DRD négocié, puisque les fèves dont il était question avaient été produites avant l’entrée en vigueur de l’accord. Ce contournement a immédiatement déclenché la colère des régulateurs ivoirien et ghanéen, le Conseil ivoirien du Café-Cacao (CCC) et le Ghana Cocoa Board (Cocobod), qui ont brièvement suspendus les programmes de durabilité et menacés de retirer leurs licences aux sociétés contrôlées par Hershey, avant que cette dernière n’entérine définitivement le principe du paiement du différentiel de revenu décent et que les sanctions soient levées.  

Les stocks augmentent en Côte d’Ivoire…

Tout n’est pour autant pas pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le DRD. Dans un contexte de surproduction liée à une baisse de la demande suite à la pandémie de Coronavirus – l’Organisation internationale du cacao, l’ICCO s’attend à un excédent de 100 000 tonnes pour la saison 2020/2021[i] -, le différentiel de revenu décent se retourne contre le cacao ivoirien qui ne trouve plus preneur. Les fèves récoltées sont stockées depuis des mois dans les magasins des coopératives. Reuters a estimé qu’en janvier 100 000 tonnes de fèves étaient bloquées dans les fermes et les coopératives, ce qui représentait environ un tiers de la production mensuelle de la Côte d’Ivoire à cette époque de l’année.[ii]  

Pour continuer à vendre aux filiales des six multinationales en Côte d’Ivoire (Barry Callebaut, Cargill, Ecom, Olam, Sucden et Touton), le Conseil Café-Cacao a dû diminuer son différentiel d’origine de… 400 dollars la tonne ou 220 FCFA par kilo, « ce que plusieurs observateurs commentent comme un remboursement forcé du DRD sur le prix d’origine.»[iii] L’association nationale du cacao de la Côte d’Ivoire (GNI) a d’ailleurs demandé au CCC de mettre fin à la domination de ces 6 multinationales pour les exportations de la Côte d’Ivoire.

Les pisteurs ont profité des circonstances pour proposer aux fermiers d’acheter leur production entre 650 et 850 FCFA/kg.  Des milliers de planteurs qui pensaient voir leur situation s’améliorer suite à la fixation du prix bords champs à 1000 FCFA par les autorités ivoiriennes ont vu leurs espoirs s’envoler, une situation qui a relancé la contrebande de cacao entre la Côte d’Ivoire et le Ghana où les producteurs peuvent vendre leurs fèves entre 850 et 900 FCFA par kilo.[iv]  

… et la part du cacao Ivoirien diminue dans les stocks en Europe et aux Etats-Unis

La baisse de la demande mondiale n’est toutefois pas la seule cause de la mévente du cacao ivoirien et des faibles prix payés aux planteurs. La part du cacao ivoirien dans les stocks des marchés à terme en Europe et aux Etats-Unis diminuent. Les stocks de l’ICE Futures Europe ont baissé de 43% entre octobre et fin février, et la part du cacao ivoirien y est passée de 17% à 13%, alors que la part du cacao nigérian augmentait de 12% à 25% et que celle des cacaos d’autres origines restait stable à 3%. La tendance est la même aux Etats-Unis, dans un contexte d’augmentation des stocks cette fois. La part du cacao ivoirien ne représente plus que 55% des stocks certifiés de l’ICE Futures US contre 75% en octobre.[v]  Pour un opérateur interrogé par CommodAfrica : « Cette baisse des volumes de Côte d‘Ivoire continue à trouver son explication dans l’application du différentiel de revenu décent (DRD). Les stocks certifiés ivoiriens ont été consommés au fil des mois depuis l’implantation du DRD. »[vi]

Pourtant, Michel Arrion, le directeur de l’ICCO le répète à l’envi, les prix mondiaux du cacao sont bien trop bas : « Il n’y aura pas de réponse aux problèmes de durabilité du cacao en Afrique de l’Ouest sans une augmentation des prix mondiaux. (…) 2000 dollars la tonne, c’est un tiers des prix du cacao d’il y a quarante ans. » Il faut « intégrer dans le coût du cacao le vrai coût, celui des externalités de la déforestation, des infrastructures économiques… Si on intègre tous ces coûts on arrive à un prix de l’ordre de ce qu’il était il y a quarante ans.»[vii]

Samuel Poos

L'article "Côte d'Ivoire et industriels du cacao : le bras de fer continue", a été dans un premier temps publié sur le site du Trade for Development Centre d'Enabel

[i] ICCO, Cocoa Market Report, January 2021.
[ii] Ange Aboa, Ivory Coast faces 100,000-tonne cocoa bean pile-up as demand slows, Reuters 13 janvier 2021.
[iii] Côte d’Ivoire : Les 6 multinationales exigent du CCC des réductions massives de prix pour acheter 100 000 tonnes de cacao aux mains des exportateurs ivoiriens, Abidjan.net, 21 février 2021.
[iv] Espoir Olodo, Côte d’Ivoire : regain de la contrebande de cacao dans l’Est, Agence Ecofin, 16 mars 2020.
[v] ICCO Monthly Cocoa Market Report – February 2021.
[vi] CommodAfrica, Chute du cacao de Côte d’Ivoire dans les stocks certifiés des marchés à terme, 18 mars 2021.
[vii] Claire Fages, Pour être durable, le cacao devrait être payé trois fois plus cher, selon l’ICCO, RFI, 26 février 2021.

samedi 27 février 2021

Un cacao trois fois plus cher pour être durable

"Il n’y aura pas de réponse aux problèmes de durabilité du cacao en Afrique de l’Ouest sans une augmentation des prix mondiaux", juge Michel Arrion, le directeur général de l’Organisation internationale du cacao ICCO).

2000 dollars la tonne, c’est un tiers des prix du cacao d’il y a quarante ans, souligne-t-il.

Il faut "intégrer dans le coût du cacao le vrai coût, celui des externalités de la déforestation, des infrastructures économiques… Si on intègre tous ces coûts on arrive à un prix de l’ordre de ce qu’il était il y a quarante ans".

Lire l'article de RFI

mercredi 27 novembre 2019

Le chocolatier Belvas lève 150 000€ auprès des particuliers en 36h !

Belvas est l'une des rares chocolateries équitables de Belgique. Depuis 15 ans l'entreprise produit un chocolat de qualité, certifié bio, et 100% éthique. Le chocolatier agit en direct avec les planteurs de cacao pour avoir un impact concret sur l’amélioration de leur condition de vie. Aujourd’hui il a décidé d’aller un pas plus loin via un projet en Côte d'Ivoire. Belvas va créer une usine de transformation de cacao directement dans le pays producteur. Cette usine permettra d’opérer la transformation des fèves sur place, de transmettre le savoir-faire du chocolatier et aidera des centaines de familles à revendre leur cacao au prix juste. 



Belvas porte dans son ADN la volonté d'agir pour un monde meilleur et la partage sur LITA.co, une plateforme d’impact investing. L’appel a été entendu : en moins de 2 jours près de 100 personnes ont participé à la campagne de crowdfunding. Elles ont contracté une obligation à 4% de rendement annuel, un titre financier émis par l’entreprise qui recherchait des fonds pour financer le nouveau projet. Celui-ci est déjà soutenu en grande partie par des partenaires solides tels qu'Alterfin, Kampani, EcooKim, la Coopération belge au développement via la Fondation Roi Baudoin et Chocolate Makers.

En parallèle, Belvas ouvre ses portes à Bruxelles, dans le nouvel espace dédié à l’alimentation durable, le Wolf, près de la Gare Centrale.

En savoir plus sur l'appui du Trade for Development Centre à Ecookim

dimanche 6 octobre 2019

Oxfam révolutionne la norme au pays du chocolat

Les tablettes de chocolat « Bite to Fight » garantissent un revenu vital aux cultivateurs et aux cultivatrices de cacao

Oxfam Fair Trade fixe une nouvelle norme dans la lutte pour un chocolat durable avec sa gamme « Bite to Fight ». Le pionnier du commerce équitable s’impose comme le premier acteur à payer le prix juste, selon une étude récente, pour garantir un revenu vital aux cultivateurs et aux cultivatrices de cacao d’Afrique de l’Ouest. « Par tonne de cacao, Oxfam paye 1068 $ supplémentaires, qui s’ajoutent au prix équitable minimum et à la prime fair-trade. Nous plaçons ainsi la barre plus haut. Toutefois, la durabilité du secteur du cacao ne sera une réalité que lorsque chaque acteur sera prêt à payer ce prix juste. »


En décembre 2018,  Oxfam-Magasins du monde a contribué à la rédaction des objectifs ambitieux du partenariat pour un chocolat belge durable « Beyond chocolate ». L’industrie chocolatière, la grande distribution, les pouvoirs publics et la société civile se sont engagés fermement pour qu’à l’horizon 2030, le cacao utilisé dans le chocolat belge provienne de cultivateurs et de cultivatrices qui gagnent au minimum un revenu vital[i]. Une étude récente a en effet démontré que la plupart des personnes actives dans la production du cacao en Afrique de l’Ouest vivent toujours dans une extrême pauvreté[ii].

Une multitude de facteurs entrent en jeu dans cette situation, mais la faible rémunération des producteurs et des productrices de cacao en est l’un des plus déterminents. Face à un tel constat, Oxfam Fair Trade verse directement à la coopérative installée en Côte d’Ivoire une prime supplémentaire de 1068 dollars pour chaque tonne de cacao achetée.  

« Il s’agit d’une prime flexible, qui tient compte des fluctuations du prix courant. Nous garantissons de cette manière que chaque tonne de cacao soit toujours rétribuée au prix requis pour assurer un revenu vital[iii]. Nous ne nous contentons pas d’offrir un “meilleur” tarif, un tarif “à peu près correct”. Nous payons le prix juste », déclare Marion Meyvis, product manager chez Oxfam Fair Trade.

Stratégie globale
Cette politique s’inscrit dans une stratégie globale en faveur d’un revenu vital, qui prévoit qu’en échange du prix plus élevé, les agriculteurs et les agricultrices concernés s’investissent avec l’aide de leur coopérative dans l’amélioration de la qualité, de la quantité et de l’efficacité de leurs récoltes. Dans ce cadre, une attention particulière est apportée à des techniques agricoles durables pour lutter contre le déboisement. L’accent est également mis sur la recherche d’autres sources de revenus (notamment en diversifiant les cultures), une meilleure gestion financière et l’amélioration de l’accès à l’enseignement pour les enfants.

Avec ses nouvelles barres et tablettes de chocolat « Bite to Fight », Oxfam-Magasins du monde lance un nouvel appel à tous les acteurs du secteur à s’engager à ses côtés. Plusieurs entreprises et chaînes de supermarchés ont déjà fait un pas dans le bon sens ; c’est aujourd’hui à tous les amoureux du chocolat belge de suivre le mouvement. « Un revenu vital, c’est un droit humain, ni plus ni moins. C’est pourquoi nous nous adressons aussi hommes et aux femmes politiques. L’époque où l’on pensait que les initiatives de bénévoles suffisaient pour résoudre le problème est désormais révolue. Aujourd’hui, nous avons besoin d’un cadre légal qui impose le respect des droits humains à toutes les entreprises », déclare Thomas Mels, Responsable Politique du Sud chez Oxfam-Magasins du monde.

Dans le même temps, Oxfam invite tous les amateurs de chocolat à croquer son chocolat « Bite to Fight ». Par ce petit geste gourmand, vous soutenez directement les cultivateurs et les cultivatrices de cacao de Côte d’Ivoire, mais aussi la lutte pour un secteur du cacao durable et équitable.
Découvrez dès à présent les nouvelles barres et tablettes de chocolat « Bite to Fight » (for a fair income) dans les boutiques Oxfam-Magasins du monde.  



[i] Un revenu vital est un revenu permettant à une famille de couvrir au moins les besoins de base tels qu’une alimentation suffisante, un logement décent, l’habillement, les soins de santé, l’école, le transport et une petite réserve financière.
[ii] Une étude du KIT Royal Tropical Institute a calculé qu’une famille moyenne productrice de cacao gagne 2 346 $ par an en Côte d’Ivoire, alors qu’un revenu de 6 518 $ y est nécessaire pour mener une vie décente.

dimanche 29 septembre 2019

Lidl Belgique lance son chocolat « super équitable »


Comme de nombreux autres magasins, Lidl vend depuis quelques années déjà des chocolats issus du commerce équitable et garantit ainsi aux consommateurs un traitement équitable des producteurs de cacao. Aujourd’hui, Lidl a décidé d’aller plus loin en offrant une prime supplémentaire à ces producteurs de cacao. Ce chocolat sera commercialisé sous le nom de « Way To Go ». Par ailleurs, ce chocolat est traçable à 100% jusqu’à la coopérative Kuapa Kokoo.

Concrètement, Lidl Belgique aidera 440 agriculteurs au Ghana, en Afrique. La chaîne de supermarchés collabore à cette fin avec Fairtrade, Ricolto et Kuapa Kokoo. Kuapa Kokoo essaie également d’impliquer davantage de femmes dans la culture du cacao.

« Grâce à la prime que nous allons verser en plus de la prime fairtrade, les producteurs de cacao pourront bénéficier d’une meilleure rémunération. Nous allons collaborer sur place au Ghana avec la coopérative Kuapa Kokoo ainsi qu’avec Fairtrade et Rikolto et nous allons nous concentrer pour commencer avec deux projets. D’une part, nous allons aider les paysans à se lancer dans d’autres activités économiques, notamment dans la production de riz, de miel et de savon. Ces activités viendront compléter celles liées à leurs plantations. D’autre part, nous allons aider les producteurs de cacao à améliorer leurs modes de récolte du cacao. Il s’agira notamment de leur enseigner de nouvelles techniques de taille et de pulvérisation ainsi que de nouvelles techniques pour travailler la terre. Ainsi, les producteurs de cacao pourront tirer davantage de rendement de leur production. Ces deux projets ont pour objectif de faire augmenter considérablement les revenus des producteurs de cacao à court terme », explique Philippe Weiler, responsable de la politique durable chez Lidl.

100% de chocolat durable dans le cadre de la charte « Beyond Chocolate »


Cette primeur s’inscrit entièrement dans le cadre de la charte « Beyond Chocolate » que Lidl a signé l’année dernière au mois de décembre avec plusieurs dizaines d’entreprises actives dans le secteur de la chocolaterie et du retail. En vertu de cette charte, le secteur belge du chocolat s’engage d’ici 2025 à utiliser du chocolat produit à 100 % de manière durable et à octroyer une rémunération décente aux producteurs locaux de cacao.

Le Vice-Premier ministre et ministre sortant de la Coopération au développement Alexander De Croo, qui a contribué au lancement de cette charte, se dit satisfait que des milliers de consommateurs puissent ainsi favoriser le développement durable.

« La Belgique est renommée pour son chocolat. Chaque année, nous importons plus de 300.000 tonnes. Nous nous classons ainsi parmi les trois premiers pays européens. Un an après le lancement de la charte Beyond Chocolate, il n’y a rien de plus fantastique ni d’encourageant que de voir Lidl concrétiser ces objectifs de durabilité. Et l’initiative ne s’arrête pas à la rémunération équitable des producteurs de cacao. Les consommateurs vont également contribuer indirectement à la lutte contre le travail des enfants et contre la déforestation. Le fait que notre chocolat soit équitable le rend encore plus délicieux ! », souligne le ministre Alexander De Croo.

mardi 6 août 2019

Des sénateurs américains demandent de bloquer l’importation de cacao produit en ayant recours au travail forcé d’enfants

Les sénateurs démocrates américains Ron Wyden (Oregon) et Sherrod Brown (Ohio) ont envoyé une lettre au secrétaire par intérim du département américain de Sécurité intérieure, appelant l'administration à appliquer la loi existante, à enquêter et à bloquer toute importation de cacao produit en ayant recours au travail forcé d’enfants.

La lettre des sénateurs fait suite à un rapport du Washington Post mettant en lumière l’importance du travail d’enfants dans la production de cacao importé aux États-Unis par de grandes entreprises de fabrication de chocolat. 

«Le commerce mondial du cacao est important et les États-Unis sont un grand importateur de produits à base de cacao. Rien qu’en 2018, les États-Unis ont importé pour 608 millions de dollars de fèves de cacao de la Côte d’Ivoire, en plus des 100 millions de dollars de pâte de cacao. Compte tenu de la prévalence du travail forcé des enfants dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire, il est clair que certaines, sinon une partie importante de ces importations, ont été produites grâce au travail forcé d’enfants. Il est temps que les États-Unis prennent des mesures plus énergiques pour lutter contre le travail forcé d’enfants dans le secteur du cacao et pour appliquer pleinement la section 1307 comme le souhaitait le Congrès », ont écrit les sénateurs.

"Il y a plus de 20 ans, le Département du travail (DOL) et le Congrès avaient collaboré avec de grandes entreprises chocolatières pour mettre au point un cadre visant à éliminer le travail des enfants de leurs chaînes d'approvisionnement en Afrique de l'Ouest, source de la grande majorité du cacao dans le monde. Ces entreprises s'étaient engagées à éliminer le travail des enfants de la production de cacao dans les pays d’Afrique de l’Ouest, y compris la Côte d’Ivoire, pour 2005. Malheureusement, elles n’ont pas respecté ce délai et plusieurs autres, et le recours généralisé au travail des enfants dans le secteur persiste."

Dans leur lettre, les sénateurs exhortent la secrétaire par intérim, McAleenan, à enjoindre aux Douanes et à la patrouille des frontières (CBP) de bloquer les importations de cacao produit via du travail forcé et, le cas échéant, de mener une enquête criminelle.

Une copie de la lettre des sénateurs est disponible ICI. 

jeudi 4 juillet 2019

Côte d'Ivoire et Ghana tentent d'imposer un prix minimum pour le cacao

Le 12 juin dernier, la Côte d'Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, annonçaient la suspension de leurs ventes de cacao qui sera récolté lors de la campagne 2020-2021. Une mesure avec pour objectif d'obtenir un prix minimum de 2 600 dollars la tonne.

Un problème structurel  
Il y a en effet, pour Michel Arrion, directeur exécutif de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) : « un problème structurel que l'on retrouve dans d'autres produits de base tels que le café ou le coton. Tous les acteurs de la chaîne y gagnent sauf les petits producteurs ». Des 100 milliards de dollars que représente le marché mondial du cacao, les producteurs n'en perçoivent aujourd'hui que 6%, contre 16% dans les années 80. Pour Michel Arrion, fixer un prix minimum « va dans le bon sens »*. Il s'attendait d'ailleurs à un prix autour des 3000 dollars.

Des prix mondiaux et Fairtrade autour de 2 400 dollars la tonne
Le prix d'une tonne de cacao sur le marché de Londres tourne autour de 2 400 dollars la tonne. A titre de comparaison, le prix minimum Fairtrade pour le cacao passera en octobre de 2 000 dollars la tonne à 2 400 dollars. Une prime de développement de 240 dollars viendra compléter ce prix minimum.

Un échec momentané
C'est la première fois que les deux principaux pays producteurs de cacao décident conjointement d’un prix plancher. 
Représentant près des 2/3 de la production mondiale de cacao, ils veulent instaurer un rapport de force avec les industriels de la filière. Ils les ont d'ailleurs réunis à Abidjan le 3 juillet pour  déterminer la mise en oeuvre concrète de la mesure. La réunion fut un échec. Elle s'est terminée sans consensus entre le Conseil café cacao ivoirien (CCC), le Ghana Cocoboard (Cocobod) et les négociants et les groupes chocolatiers internationaux.

A l'issue de la réunion, le Ghana et la Côte d'Ivoire ont toutefois annoncé l'inclusion dans les contrats d'exportation d'une clause de "différentiel de revenu de subsistance" de l'ordre de 400 dollars la tonne, qui entrera en vigueur
si le cours mondial  n’atteint pas les 2 600 dollars. Cela représente environ et au maximum 200 Francs garantis par kilo, en plus du prix défini par le cours au cacaoculteur.

D'autres réunions devraient être convoquées avec les opérateurs de la filière pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Un risque de surproduction
Rapidement surnommé «cocoa-pec» par analogie avec l'OPEP établi par les pays producteurs de pétrole, le plan des deux voisins d'Afrique de l'Ouest risque, selon observateurs, de stimuler fortement la production, en particulier en Côte d’Ivoire, entraînant une forte baisse des prix.

Contrôler la production pour maintenir le prix minimum
C'est notamment pour tenter mieux contrôler cette production et soutenir le prix minimum de 2600 dollars, que la Côte d'Ivoire envisage d'éliminer la production illégale de cacao dans les parcs nationaux et les réserves forestières au cours des cinq prochaines années. Une opération à haut risque. Deux précédentes opérations d'expulsions, en 2013 et 2016, ont été critiquées par des groupes de défense des droits humains car elles ont "placé des familles d'agriculteurs dans une situation où elles n'ont ni abri adéquat, ni nourriture, ni accès à l'éducation, et Human Rights Watch a documenté des cas d’extorsion de fonds, de corruption et de sévices physiques commis par des agents du gouvernement"**


* Cité par Agnès Faivre, Cacao : la Côte d'Ivoire et le Ghana passent à l'attaque, Le Point, 2 juillet 2019.
**
Human Rights Watch,  Côte d'Ivoire: Lettre concernant l'impact sur les droits humains de la déclaration de politique de préservation et de réhabilitation des forêts.

jeudi 28 février 2019

Présentation du partenariat "Beyond chocolate" au salon du chocolat de Bruxelles

Lors de la 6ème édition du salon du chocolat de Bruxelles, le Ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo est revenu sur le partenariat "Beyond chocolate", lancé à son initiative en décembre 2018 et réunissant fabriquants de chocolats, grands distributeurs, ONG, pouvoirs public...

Son objectif ? Lutter contre le travail des enfants et la déforestation, rendre le chocolat belge durable d'ici 2025 et faire en sorte que, d'ici 2030, les producteurs de cacao perçoivent des revenus minimums vitaux.



Pour le Ministre : "la notion de ‘Beyond chocolate’ cadre avec celle de ‘Beyond aid' qui vise un développement économique en développant les partenariats avec le secteur privé. S’il y a durabilité, il faut qu’un profit soit généré… à chaque étape de la chaîne de valeur, et donc aussi au niveau des producteurs ».

"Et si dans cinq ans ‘Beyond chocolate’, qui est un partenariat volontaire, ne mène à rien, il faudra alors le rendre obligatoire".

Le Ministre De Croo espère aussi que d’autres industries regardent ce qui est fait dans le chocolat et s’en inspirent, comme par exemple le secteur du diamant.

Plus d'info sur le partenariat "Beyond chocolate" :